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LE FIGARO: UN PROJET AMBITIEUX DE PRIVATISATIONS
29/08/2017

26 de Agosto de 2017 11h29
Michel Leclercq

Le gouvernement veut mettre en vente la compagnie électrique Eletrobras et 57 autres entreprises pour réduire l’énorme déficit public.

La pharaonique usine hydroélectrique d’Itaipú, gérée par le Brésil et le Paraguay, ne fait pas partie du plan de privatisation.

AMÉRIQUE LATINE Contraint de trouver de nouvelles ressources pour renflouer les coffres vides de l’État, le gouvernement brésilien se lance dans un ambitieux programme de privatisations dont le joyau est la compagnie d’électricité publique Eletrobras, la plus grande d’Amérique latine dans le secteur de l’énergie.

La compagnie publique a été incluse à la dernière minute dans la liste des 58 projets de privatisation présentée mercredi par le gouvernement lors d’une réunion au palais du Planalto, le siège de la présidence de la République. La plupart de ces privatisations sont de simples confirmations, comme l’aéroport de Congonhas, à Sao Paulo, le plus rentable du Brésil. D’autres sont nouvelles, comme la vente de la Maison de la monnaie, qui fabrique pièces, billets de banque et passeports, et celle de la loterie nationale. Tous les grands secteurs d’infrastructure figurent dans la liste, le plus souvent sous forme de concessions: des routes, 15 ports, 11 réseaux de distribution électrique et 14 aéroports. Infraero, l’organisme public qui gère les aéroports brésiliens, va également céder toutes les parts qu’il détient encore dans les principaux aéroports du pays, tels que Guarulhos à Sao Paulo, Galeao à Rio de Janeiro, et Brasilia.

Trois sessions d’enchères pour l’exploitation de gisements de pétrole et de gaz ont également été confirmées. Hors Eletrobras, le gouvernement mise sur 44 milliards de reais (12 milliards d’euros) de recettes, dont la moitié dans les cinq prochaines années.

Ces privatisations visent à réduire le déficit budgétaire, qui s’est creusé après deux ans d’une sévère récession et les largesses du président conservateur Michel Temer, affaibli par des accusations de corruption, pour se maintenir au pouvoir. Le déficit (9 % du PIB cette année, selon le FMI) a été revu à la hausse par le gouvernement et fixé à 159 milliards de reais (près de 43 milliards d’euros). Le retour à l’équilibre a été reporté à 2021.

Euphorie boursière

L’annonce surprise, mardi, de la privatisation d’Eletrobras a suscité l’euphorie des marchés malgré les incertitudes sur les modalités de l’opération, qui devrait rapporter environ 5,3 milliards d’euros. L’action de la compagnie électrique s’est envolée de près de 50%, entraînant dans son sillage la Bourse de Sao Paulo qui a atteint son plus haut niveau en six ans. «Il est clair que la Bourse s’est emballée avec la perspective d’une gestion privée et d’une meilleure gouvernance corporative », explique Ricardo Zeno, directeur du fonds AZ Investimentos. « Ainsi, comme le montrent les exemples de Vale et d’Embraer, poursuit-il, la dilution de la participation de l’État fait diminuer les ingérences politiques » dans les entreprises publiques. Un fléau qui a été exposé au grand jour par le scandale de corruption impliquant le géant pétrolier public Petrobras.

Le gouvernement n’a pas encore dit comment il entendait privatiser Eletrobras, une entreprise lourdement endettée, mais, selon le ministre des Mines et de l’Énergie, Fernando Coelho, l’idée est de diluer la part de l’État par l’émission d’actions. Celui-ci possède directement 41% d’Eletrobras et détient 51% des droits de vote. L’État gardera toutefois un droit de veto sur les décisions stratégiques de l’entreprise. La pharaonique usine hydroélectrique d’Itaipú, gérée par le Brésil et le Paraguay, ainsi que la centrale nucléaire d’Angra resteront dans le giron public.

Dans le même élan, destiné à attirer les investisseurs, Michel Temer a signé mercredi un décret polémique ouvrant à l’exploitation minière une réserve nationale de 47 000 km2 en Amazonie, soit la taille de la Suisse, riche en or, cuivre, nickel et autres métaux. Les défenseurs de l’environnement dénoncent une « catastrophe » pour l’Amazonie et les réserves indigènes de cette zone.

Fonte: LE FIGARO

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